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Chap’lin

14 février 2013
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«Je dois avouer que je suis plutôt chanceuse car mon coming-out s'est fait très facilement.

Au primaire j'étais un garçon manqué à l'extrême. Je m'habillais comme un garçon, je me prenais un peu pour un garçon, dans ma tête je n'étais pas vraiment une fille ni un garçon.

Au début de cette année de seconde, je suis dans un nouveau lycée car dans mon ancien lycée il n'y avait pas de section arts appliqués. Je fais connaissance avec quelques personnes de ma classe et nous parlons. Nous débouchons sur le sujet de l'homosexualité et une des filles nous avoue qu'elle est bi. Pas de réactions homophobes ni rien. Je commence à réfléchir un peu sur moi-même mais je n'aboutis à rien.

Un peu plus tard, je vais au mariage de mon cousin et je prends le train jusqu'à Paris. Pendant le voyage, un couple de lesbiennes s'installe devant moi. Trouvant cela mignon, je commence à réfléchir encore à mon orientation sexuelle. Au collège, j'avais déjà eu des attirances pour les garçons, mais aussi pour les filles, même si l'idée d'homosexualité ne m'était jamais vraiment passée par la tête. Au bout d'un certain temps, j'éprouve un sentiment d'immense liberté et de joie. Je m'étais enfin trouvée, j'étais bi.

Juste après le mariage de mon cousin, le soir même, je suis assise sur l'herbe avec ma sœur et je lui avoue que je suis bi tout en redoutant un peu sa réaction. Elle m'a répondu avec le sourire “J'en étais sûre!”. Je lui ai demandé pourquoi et elle m'a dit que le fait que j'avais été un garçon manqué jusqu'à environ deux ans lui avait permis d'en conclure que je serais soit bi soiy homo. Après avoir parlé de ça je suis soulagée et nous parlons d'amis à elle qui sont bi aussi.

Je rentre en cours après ce week-end où je me suis beaucoup renseignée sur la bisexualité et où j'y pensais tout le temps. Au final ce coming-out à moi-même s'est fait très rapidement. Il m'a fallu moins d'une semaine. Je parle avec des amis et nous en revenons au sujet de l'homosexualité. Je leur avoue ma bisexualité et ils le prennent très bien, absolument rien n'a changé entre nous.

Quelques mois plus tard, j'en parle à ma mère qui n'est ni pour ni contre l'homosexualité et qui du coup s'en “fiche” un peu. Encore quelques mois plus tard, il y a une semaine, j'en parle à mon père et à ma belle-mère qui sont catholiques (surtout ma belle-mère, elle est très catholique). Je leur fait mon coming-out à table et là blanc magistral. S'ensuit un débat sur l'égalité puisqu'il sont contre et que je milite pour (seules ma soeur et ma mère le savent).

Dans ma classe maintenant tout le monde se connait et est assez proche puisque nous vivons en internat. Ils le savent tous je pense, mais ils sont tous ouverts. Nous sommes trois bisexuelles dans la classe. Je vis donc dans mon cocon avec eux et il n'y a aucune homophobie ou aucun racisme.

Je souhaite un coming-out aussi facile à tout le monde. Surtout ne restez pas cachés, c'est la pire chose que vous pouvez faire je pense.»

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Morgane

18 décembre 2012
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«Depuis toujours, j'ai appris à aimer une personne pour ce qu'elle est et pas pour son genre.
Il y a peu, j'ai commencé à me poser des questions sur ce que je voulais vraiment.
J'ai passé beaucoup de temps à tenter de savoir qui j'étais vraiment. Puis j'ai su.
Dernière étape pour rendre les choses plus claires à mon esprit: l'annoncer à mes parents, puis à mon frère et mes sœurs. J'annonce donc à ma mère et à mon père que j'ai quelque chose d'important à leur dire. Ma mère m'arrête: “tu as une copine?” Je réponds que non, mais que justement, puisqu'on en parle… Même réaction du coté de mes soeurs. Mon frère, lui, trouve que ça n'est pas vraiment un “événement”. Mais tous me disent la même chose: du moment que tu es heureuse, c'est tout ce qui compte.»

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Perry

30 novembre 2012
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«Pendant des années, j'ai su. Mais j'avais trop bien intégré les tabous que le monde alentour m'avait imposés. Je luttais quotidiennement contre mon regard qui malgré moi se posait sur les filles de ma classe, de mon club de danse. J'avais l'intime conviction que si quelqu'un découvrait mon secret, je serais fusillée sur le champ. Je pleurais souvent au réveil quand des formes féminines peuplaient mes rêves. Je me sentait enfermée dans une prison mentale, j'avais de sordides relations sexuelles avec des garçons que je rendais de notoriété publique, parce que je voulais que tout le monde soit convaincu que j'étais la fille la plus hétéro de la terre.

Un matin, je suis allée au lycée. Je discutais devant l'entrée avec des amis et une princesse charmante s'est approchée de moi dans mon dos. Quand je me suis retournée, elle m'a embrassée. Des centaines de regards se sont tournés vers nous et le silence a été immédiat. Elle a posé sur mes lèvres son baiser, son courage de ne pas avoir peur, et toutes les craintes se sont envolées. Dans les mois et les années qui ont suivi, j'ai comme beaucoup d'autres subi les railleries, les insultes, les discriminations. Mais depuis tout ce baiser près de mes pensées, comme un talisman contre la peur et la honte, une force pour marcher la tête haute.»

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Olivier: «Merci à Jean-Louis Bory»

28 novembre 2012
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«C’est la lecture de Ma moitié d’orange et de Comment nous appelez-vous déjà? de Jean-Louis Bory qui avait achevé de me convaincre qu’être homosexuel c’était finalement chouette. J’en étais devenu si convaincu que j’ai rapidement pensé faire partager ma joie à mes parents.

Dans un premier temps j’ai déposé une courte lettre sur le lit de mon frère unique et aîné. Nous étions tous deux étudiants à Paris. Parti en cours, je n’osais plus rentrer à la maison. Pourtant un gentil mot m’attendait. Il était surpris, ce n’était pas grave mais il valait mieux ne pas en parler aux parents.

Ce n’était pas mon avis. J’ai donc entrepris de constituer tout un dossier d’information sur le sujet à leur intention!

J’avais passé mon bac deux années auparavant, ce qui par tradition familiale me donnait droit au cadeau d’un voyage à l’étranger. Je souhaitais aller à Léningrad (redevenue depuis Saint-Petersbourg) en train depuis Helsinki. Avant de partir, je demandai à mon frère de parler à mes parents, avant de prendre le train pour l’Union soviétique je leur postai par précaution au bureau de poste de la gare d’Helsinki mon dossier. Durant mon séjour de 15 jours, je reçu une carte postale de mon frère: mission accomplie.

Le retour à Paris, le soir assez tard, fut pénible. Mon père m’attendait seul à l’aéroport de Roissy CDG. Le trajet en voiture jusqu’à la maison fut glacial. Je racontai mon voyage dans le vide. Une fois garé devant l’immeuble, il me demanda: “tu n’as jamais essayé avec des filles?” Ma dénégation venant du cœur, il soupira. Rien d’autre. Arrivé dans l’appartement, je retrouvai ma mère, nerveuse comme jamais, mais qui avait visiblement été priée par mon père de ne rien dire.

Le lendemain, le petit-déjeuner fut une autre affaire. Déluge de larmes de ma mère: pourquoi? tu seras malheureux, comment faites-vous? À cette dernière question ma mère fut foudroyée du regard par mon père, je restai donc prudemment silencieux. Lui me paraissait surtout choqué par mon dossier qu’il trouvait militant. Il trouvait que pour ne pas compromettre mon avenir, j’avais plutôt intérêt à faire profil bas.

Nous n’en avons plus parlé.

Mais à compter de ce moment je me suis senti libre.

Ils sont décédés tous les deux maintenant. Je suis pacsé depuis 1999, nous allons nous marier, mes relations avec mes beaux-parents sont cordiales et je les aime, je suis devenu l’oncle des neveux de mon ami.

Ils se sont trompés sur toute la ligne.

À l’époque, la réaction de mes parents ne m’avait pas vraiment bouleversé. Je les trouvais trop âgés pour comprendre. Je n’étais pas étonné.

Maintenant, 34 ans plus tard, j’en suis attristé car ils n’ont pas su évoluer alors que l’histoire de leur couple avait été un défi à la société de l’époque. Mon père en Occupation en Allemagne après la guerre avait rencontré ma mère allemande à la Kommandantur française où il travaillait. Mes parents ont dû attendre quatre ans avant de pouvoir se marier. Si peu de temps après la fin de la guerre c’était difficile et je pense que ma mère en a souffert dans les années 50. Épouser une boche, ça attire forcément les commentaires des bien-pensants! Comme être pédé devaient-ils penser. C’est dommage qu’ils n’aient pas su raisonner autrement pour leur fils.

Mon coming-out c’était en juillet 1978, j’avais 19 ans et demi.»

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Julien: «Le monde évolue!»

26 novembre 2012
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«Voila, moi c'est Julien, 19 ans.

Commençons par le commencement! Je n'ai pas eu un déclic en me réveillant un matin en me disant, «Ho je suis gay», c'est plutôt venu autour de mes 13-14ans, au moment où l'on commence réellement à s'intéresser à ses amours. Tout doucement, je me suis rendu compte que je regardais les garçons plutôt que les filles, que lorsque mes copains parlaient des filles, je n'y trouvais pas d'intérêt particulier, ça a durée environ 1 an avant que le mot “gay” me vienne en tête, auparavant je pensais que si je regardais les garçons, c'était plus par comparaison avec moi qu'autre chose.

Donc voila, j'ai 15 ans et je me découvre gay dans notre monde d'adolescent où l'on est formaté pour être “un hétéro de base”, où l'insulte “PD” est courante dans la cour de récréation, c'est une insulte qui, comme les autres, est dite sans réellement penser à un gay, juste une insulte comme tant d'autres, utilisée par ignorance. Enfin bref me voila au lycée, pour 3 ans (enfin 4 dans mon cas^^) où je ne cesse de lutter contre moi-même, me forçant à ne pas regarder les autres garçons (mais qu'est-ce que j'en ai envie!). Du temps passe, je me sens de plus en plus sûr de moi, et puis marre de devoir jouer un rôle comme si j'étais coupable de quelque chose, mare de devoir parler de filles (sujet peu intéressant dans mon cas), je me sens absent car (autant le dire) les filles représentent 90% des conversations à nos âges. Vient le jour (j'ai à ce moment là 18 ans) où j'introduis le sujet avec quelques ami-e-s de ma classe, ce fut relativement facile sachant qu'il n'y aurait aucun souci avec eux (malgré que personne ne s'en doutait du fait qu'on me prenait pour un mec qui plaisait aux filles et que, à première vue, je ne suis absolument pas efféminé), que des réponses comme “oui et?”, limite trop simple. Mais quel soulagement de pourvoir parler sans se cacher, en étant soi, ne plus jouer de rôle! Un mois après ce très bon passage, je me sens prêt à l'annoncer à mes parents.

Un soir où nous ne sommes que nous 3 pour diner (j'avais décidé de leur dire la veille, autrement dit, je suis mort de stress), au moment où mes parents se lèvent pour ranger la table, je leur dis “restez assis, j'ai un truc à vous dire, je sais qu'il n'y aura jamais de bon moment pour vous le dire alors voila, je suis gay”. Je l'ai dit en une minute, c'était fait. Ma mère pleure, puis me pose des questions en disant que c'est sa faute, qu'elle m'a trop materné, que c'est pas normal, que j'ai forcément été déçu par une fille et que je prends les mecs pour un substitut etc. Mon père reste muet. Pendant 2 semaines, personne ne m'adresse la parole à la maison. Après, tout doucement, on reparle et 8 mois après, ma mère a très bien accepté la chose. Mon père, lui, reste muet sur le sujet, c'était il y a 8 mois. Maintenant, je me suis installé dans mon studio de par mes études et je n'ai pas caché à ma nouvelle classe le fait que je sois gay.

Je tiens à dire que je ne me suis jamais senti aussi libre que depuis que je ne me cache plus, ce fut et c'est encore une réelle libération. Ce n'est pas pour autant qu'il faut ce précipiter dans son coming-out, il faut déjà en être sûr, ensuite il faut se sentir prêt à l'assumer, à l'expliquer.

Je tiens également à dire (je dois avoir beaucoup de chance) que je n'ai jamais (mais vraiment jamais) eu un seul retour négatif, jamais aucune réflexion, aucun mot dur, aucune insulte sur ce sujet. Je me considère et je suis considéré autant que n'importe quelle autre personne.

Je me sens fier d'être ce que je suis sans pour autant n'être que ça, je suis homosexuel mais ça n'est pas ma seule caractéristique.

Nous sommes homos, mais nous ne sommes pas que ça, nous somme des tas d'autres choses. Cette homosexualité n'est qu'une infime partie de notre personnalité, je pense que si déjà on prend conscience de ça, on avance.

Merci à tout ceux qui écrivent, qui témoignent car c'est très réconfortant de savoir que nous ne sommes pas seuls!

J'ai tant de choses encore à dire.
Toi qui lis tous ces messages, j'espère avoir la chance de lire ton témoignage.
Merci à tout ceux qui se battent pour faire évoluer les choses, sans eux que serions-nous? Merci.»

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Vliir: «ce qu’a été pour moi le “coming-out”»

12 novembre 2012
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«On se figure assez souvent le coming-out comme la révélation d'une réalité à son entourage.
Mais on ne le vis pas tous de cette manière. Je ne l'ai pas vécu de cette manière…

En fait j'ai un souvenir très clair de ce que j'apparente au coming-out, et ce malgré les 10 années qui m'en séparent:

Ça c'est passé la nuit dans un car faisant la navette entre mon travail, exécutant en chaîne de production à Renault Sandouville, et mon bourg de résidence, chez mes chers parents à Bordeaux-Saint-Clair en Normandie.
Pour ceux qui ont été familiers du travail de montage à la chaine dans les usines automobiles, ce genre de boulot est littéralement crevant, usant même, pour l'esprit d'une part mais surtout pour le corps.
C'est donc en rentrant d'une de ces journées, soulagé d'avoir fini ces 8 heures de nuit que j'ai enfin réussi à briser ma résistance face à mon homosexualité. Parce que dans mon cas, la personne proche qui rendait ma liberté impossible c'était moi-même, largement motivé par une société et des individus décomplexés dans la haine du “sodomite”, et j'ai dû traverser un enfer de reniement pour enfin “détruire” cette obstination à refuser l'évidence et admettre la vérité la plus simple qui m'habite depuis que la conscience s'est faite mienne.
Je me rappelle me l'être dit face à mon reflet sur la vitre du car, exténué mais calme:
“Arrête de te mentir Jérôme, arrête ! Tu es gay, c'est toi, et tu dois l'accepter si tu veux être heureux un jour”.

BAM!

Pour la première fois de ma vie je m'étais associé, moi, au mot “gay” et avait créé un lien d'appartenance, je venais de construire un pont où allait d'un coup se déverser tout ce que j'étais et où je verrais défiler ma véritable nature. Ce qui m'a d'ailleurs surpris c'est de découvrir que ce que je tentais d'enfermer derrière ce mensonge qui avait duré plus de 20 ans était ma sensibilité. Une joie qui à l'époque était vue comme toute féminine et que j'avais enterrée pour ne pas souffrir de la voir se faire piétiner par la bêtise lourde et lugubre des gens qui m'entouraient. Mais je n'ai pas découvert que ça en le faisant, j'ai presque exclusivement assimilé ce qui me faisait le plus peur dans le fait d'être homosexuel et j'ai dû accepter brutalement cette idée si je voulais être enfin en paix: la peur de mourir, socialement mais surtout physiquement!
La peur d'être tabassé un soir par une bande d'abrutis jusqu'à qu'on retrouve mon corps le lendemain et ce “juste” parce que j'avais bu un verre parmi des gens qui me ressemblent.
La peur de voir ma mère et les gens qui comptaient le plus me pointer du doigt et me rejeter.
La peur de souffrir de façon plus aiguë encore la connerie crasse que le quotidien aime vous verser sur la gueule en guise de “bonjour”.
La peur enfin toute primitive de disparaître noyé dans la haine des autres et de subir des sévisses que je ne pourraient pas surmonter…

Mais dans cette extrême lourdeur, et tout comme le mythe de Pandore le rappelle, j'ai trouvé au fond de cette boîte une force plus grande que tout ce que j'avais pu expérimenter jusqu'à présent, un moment de rébellion puissant qui a germé comme un étendard en plein milieu de mon âme pour dire “stop” aux cons et aux violents et “oui” à l'amour et aux choses belles, la certitude que désormais et ce quelque soit le temps que ça prendrait je pourrais enfin LE trouver et finir ma vie à ses côtés, le bonheur enfin de me sentir moi, pleinement, et de pouvoir le présenter au monde comme une force et non plus comme une faiblesse.

C'est donc ce que j'ai vécu ce soir-là, un coming-out que j'ai fait à moi-même, une liberté que je me suis offerte et la certitude qu'à partir de ce moment tout irait bien. C'est notamment ce qui a rendu un peu pathétique l'annonce à mon entourage. J'ai eu l'impression de confesser avoir des cheveux avec toute l'absurdité qu'une telle déclaration peut supposer. Je ne suis pas ressorti grandi de la déclaration à la famille, j'ai juste pu trier qui seraient mes alliés et mes ennemis.
Finalement je n'ai trouvé aucun ennemi, sûrement d'ailleurs parce que cet affrontement je le gagnais dès que j'étais sur le champ de bataille.

Je pense donc qu'avant de dire aux autres qu'on est homo, on se l'admet à soi et, c'est je pense, là que se situe le vrai “coming-out”!»

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Morgane: «Un coming-outs, Deux coming-outs, Trois coming-outs…»

8 octobre 2012
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«Je commencerai par raconter la première fois où j'ai été confrontée à l'homosexualité dans “la vraie vie”, celle qui touche de près la sphère familiale, pas celle vue à la télé.

Un soir, nous étions en vacances, ma mère m'a prise à part et m'a parlé de mon oncle qui venait de partir avec son “meilleur ami” et elle m'a dit d'un coup d'un seul: “tu sais tonton est homosexuel, ça veut dire qu'il n'aime pas les filles, il aime seulement les garçons, et son meilleur ami est en fait son copain”. Grosse désillusion? Et bien non, pour moi c'était une évidence, alors même que le sujet n'avait jamais été évoqué je savais que mon oncle était gay, j'avais alors une dizaine d'années..

Par la suite vint mon coming-out ou plutôt ma prise de conscience qui pour ma part s'est faite tout en douceur si bien que je n'ai pas eu de mal à m'accepter, chanceuse que je suis…
Je suis passée au fur et à mesure de petite fille trouvant les garçons mignons, à jeune fille trouvant toujours les jeunes hommes craquants mais qui pour autant n'excluait pas l'éventualité de tomber amoureuse d'une fille à, enfin, une jeune femme lesbienne qui s'assume.
De par la proximité avec mon oncle, j'avais l'habitude de parler garçons mais aussi filles avec lui.
Alors lorsque, après être sortie (chastement) avec quelques mecs, je me suis rendue compte qu'aucune de leurs approches ne produisait en moi le même effet que celui que me faisait la seule proximité de belles jeunes filles, je n'ai pas eu de mal à m'identifier comme étant lesbienne sans affronts.

Le coming-out auprès de ma mère a été tout aussi facile, je lui ai parlé de mon orientation sexuelle au fur et à mesure où moi même je l'ai découverte. Elle l'a très bien pris, le seul petit bémol que je pourrais mettre à mon coming-out c'est que je n'ai pas eu le temps de le faire au reste de ma famille puisque ma mère s'en est chargée pour moi, et ce sans m'en parler.

Mon troisième coming-out a été fait à mes amis, j'ai eu de multiples réactions, ma meilleure amie de l'époque a très bien réagi puisqu'elle m'a sauté littéralement dans les bras en me disant qu'elle était fière d'être la première à qui j'ai osé le dire, d'autres amies ont eu des réactions malheureusement moins sympathiques comme une vieille amie que je connaissais depuis la maternelle qui s'est éloignée dès mon annonce, même si aujourd'hui nous sommes en bon termes, elle ne peut s'empêcher certaines expressions qui me hérissent le poil, et j'ai encore beaucoup de mal à lui parler de ma vie sentimentale.

Je dirais donc que mon coming-out auprès de la famille que j'ai choisie a été à la fois le plus difficile mais aussi le plus révélateur puisqu'il m'a permis de voir quelles personnes tenaient réellement à moi et j'ai pu apprécier certaines personnes qui se sont révélées être des personnes formidables qui malgré l'éducation plutôt stricte qu'elles ont pu recevoir m'ont soutenue et ont fait un pied de nez aux préjugés qu'elles pouvaient avoir.

Aujourd'hui, je suis fière d'être lesbienne et d'avoir permis à d'autres jeunes de mon lycée de s'assumer. Même si faire son coming-out est compliqué, on se sent plus léger par la suite.»

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Sev: «Les tribals présents!»

6 octobre 2012
| Mots-clés:

«Les coming-outs, j'ai fait le “premier” et je fais les piqûres de rappel. Pour ne jamais banaliser les phobies.»

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Chem’: «Coming-out d’un père de famille»

4 octobre 2012
| Mots-clés:

«Quand j'étais au collège, j'ai commencé à me rendre compte que j'étais différent des autres. J'étais attiré par les hommes. C'est d'un garçon que j'avais envie d'être amoureux, c'est avec un homme que je voulais faire l'amour. Et je savais que ça n'était pas bien. Alors j'ai décidé de “faire comme si de rien n'était”. Car, finalement, personne ne le savait.

ET PERSONNE NE DEVAIT LE SAVOIR

Et moi j'ai traîné ce malaise pendant toutes ces années…

Pourquoi j'ai fait comme si j'étais comme les autres? Ce n'est pas une décision que j'ai prise. Je n'ai pas “pesé le pour et le contre”. Regarder les filles avec les copains, c'était naturel, cela allait de soi, c'est ce qu'on attendait de moi. D'ailleurs, je ne me disais pas “je suis homosexuel”. Le mot me faisait bien trop peur. C'était juste trop dur de me dire que j'étais comme ça. Trop dur de le dire, de faire tant de peine à mes parents, de supporter le regard des autres… Je voulais pas être différent des copains. Finalement, je me suis mis à jouer un rôle

ET À Y CROIRE

J'ai rencontré une femme, nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre. Vraiment. Et nous avons des enfants qui sont ce que nous avons de plus précieux.

MAIS

J'ai envie que ceux que j'aime sachent qui je suis.

J'ai envie d'être authentique avec ceux qui me sont chers.

J'ai envie d'être compris.

J'ai envie d'être moi-même et d'arrêter de cacher ce que j'ai au fond de moi.

J'ai envie de montrer qu'on peut accepter d'être différent.

blog où je raconte mon parcours:
http://www.un-chemin-d-acceptation-de-soi.com/pages/marie-et-homo-mon-parcours-7921461.html

Chem'»

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Une renaissance: «20 ans dans le noir»

3 octobre 2012
| Mots-clés:

«Il est des souvenirs qu’on n’aime pas raconter. Des choses vécues qui n’auraient pas dû l’être. Qui sont difficiles à écrire mais doivent l’être, pour exorciser, pour mieux respirer, pour les dépasser.

Il y a très longtemps, pendant les grandes vacances qui faisaient la transition entre ma sortie de l’école maternelle et mon entrée à la grande école, j’ai fait une mauvaise rencontre. Je me sentais bien avec les plus grands que moi, je m’ennuyais un peu avec les enfants de mon âge. J’étais copine avec ma voisine, son petit frère avait mon âge mais c’est avec elle que j’allais jouer en allant dans la maison d’à côté. Elle était entre la 6ème et la 5ème, donc collégienne et déjà ado, déjà intéressée par la sexualité. Pas moi: beaucoup trop jeune, je n’avais pas la moindre idée sur le sujet ni le moindre intérêt pour ça. Elle a joué avec moi. Elle me déshabillait et me mettait dans son lit pour jouer. Je vous passe les détails, je n’ai pas envie de m’y attarder. Je ne voyais pas du tout où elle voulait en venir, mais elle insistait beaucoup sur le fait que personne ne devait savoir comment on jouait, surtout pas les adultes. C’était un secret. C’est cool d’avoir un secret avec une grande. Sauf que j’étais quand même super mal à l’aise, je n’aimais pas ça, c’était froid et brutal, aujourd’hui je pourrais dire technique. Aucun mot, aucune émotion, aucune tendresse, beaucoup de tabous et d'interdits. Mais je ne pouvais pas lui dire que je n’aimais pas ça, sinon… je ne sais pas ce que je risquais mais cela me faisait peur. Je n’ai rien dit, j’ai simplement décidé de ne plus aller chez la voisine, ce que mes parents ont eu du mal à comprendre.
Concrètement, il n’y a pas eu de viol, c’était des attouchements, même si la frontière entre les deux est très mince. Mais ce mot d’attouchement, j’ai mis 15 ans à le trouver. 15 ans de refoulement total et de refus de grandir. Je n’ai pas vraiment été ado, j’ai refusé de voir et de vivre les changements biologiques de cette période, j’ai fait comme si je ne voyais rien.

Il a fallu que je recroise cette fille, et que je me rende compte qu’elle changeait de trottoir en me voyant, qu’il lui est impossible de me regarder en face. C’est comme cela que je me suis souvenu de ce que j’avais essayé d’effacer, et que j’ai pris conscience que je ne devais plus culpabiliser. C'était loin d'être simple à intégrer. Il a fallu cela pour que je relève au moins en partie la tête hors de l’eau. À partir de ce moment, je me suis déclarée asexuelle. Je ne comprenais pas les réactions quasi hystériques de mes copines pour un regard ou un sourire de garçon. Je n’avais pas d’attirance pour eux, je n’en ai toujours pas d’ailleurs. Et mes souvenirs ne me permettaient pas d’imaginer qu’il était possible pour deux femmes de s’aimer. Deux hommes oui, mais deux femmes non, l’idée ne m’effleurait même pas l’esprit. J’ai continué mon petit bonhomme de chemin, sans me poser plus de question. Mes études m’ont pris beaucoup de temps ce qui m’a permis de ne pas m’en poser. Et ça m’a aussi permis de “digérer” tout ça, d’apprendre à vivre avec ces souvenirs qui ne s’effaceront pas.

Mon coming-out a été très simple finalement après tout ça, une évidence. En posant les yeux sur les courbes d’une femme sublime croisée à la fac, je me suis dit “oh, je suis lesbienne”. Et voilà. Pas bien compliqué. 6 mois plus tard un coup de foudre, une copine, j’ai annoncé à ma mère que j’étais lesbienne, elle a dit ok. Bon, en fait elle a mis quelques semaines pour le digérer. Par contre maintenant chaque fois que je prononce un prénom féminin je dois lui préciser qui c’est, autrement elle se fait des films. Et papa gère très bien, il me fait remarquer quand il y a une jolie fille à la télé pour que je ne la rate pas. En tout, il s’est écoulé 20 ans entre ces vacances qui ont été destructrices et ma renaissance. 20 ans dans le noir.
Ce que je garde de mon passé, c’est que je ne suis pas capable de vivre une relation sans sentiments. Mais je ne pense pas que cela soit une mauvaise chose.»

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