Chap’lin
«Je dois avouer que je suis plutôt chanceuse car mon coming-out s'est fait très facilement.
Au primaire j'étais un garçon manqué à l'extrême. Je m'habillais comme un garçon, je me prenais un peu pour un garçon, dans ma tête je n'étais pas vraiment une fille ni un garçon.
Au début de cette année de seconde, je suis dans un nouveau lycée car dans mon ancien lycée il n'y avait pas de section arts appliqués. Je fais connaissance avec quelques personnes de ma classe et nous parlons. Nous débouchons sur le sujet de l'homosexualité et une des filles nous avoue qu'elle est bi. Pas de réactions homophobes ni rien. Je commence à réfléchir un peu sur moi-même mais je n'aboutis à rien.
Un peu plus tard, je vais au mariage de mon cousin et je prends le train jusqu'à Paris. Pendant le voyage, un couple de lesbiennes s'installe devant moi. Trouvant cela mignon, je commence à réfléchir encore à mon orientation sexuelle. Au collège, j'avais déjà eu des attirances pour les garçons, mais aussi pour les filles, même si l'idée d'homosexualité ne m'était jamais vraiment passée par la tête. Au bout d'un certain temps, j'éprouve un sentiment d'immense liberté et de joie. Je m'étais enfin trouvée, j'étais bi.
Juste après le mariage de mon cousin, le soir même, je suis assise sur l'herbe avec ma sœur et je lui avoue que je suis bi tout en redoutant un peu sa réaction. Elle m'a répondu avec le sourire “J'en étais sûre!”. Je lui ai demandé pourquoi et elle m'a dit que le fait que j'avais été un garçon manqué jusqu'à environ deux ans lui avait permis d'en conclure que je serais soit bi soiy homo. Après avoir parlé de ça je suis soulagée et nous parlons d'amis à elle qui sont bi aussi.
Je rentre en cours après ce week-end où je me suis beaucoup renseignée sur la bisexualité et où j'y pensais tout le temps. Au final ce coming-out à moi-même s'est fait très rapidement. Il m'a fallu moins d'une semaine. Je parle avec des amis et nous en revenons au sujet de l'homosexualité. Je leur avoue ma bisexualité et ils le prennent très bien, absolument rien n'a changé entre nous.
Quelques mois plus tard, j'en parle à ma mère qui n'est ni pour ni contre l'homosexualité et qui du coup s'en “fiche” un peu. Encore quelques mois plus tard, il y a une semaine, j'en parle à mon père et à ma belle-mère qui sont catholiques (surtout ma belle-mère, elle est très catholique). Je leur fait mon coming-out à table et là blanc magistral. S'ensuit un débat sur l'égalité puisqu'il sont contre et que je milite pour (seules ma soeur et ma mère le savent).
Dans ma classe maintenant tout le monde se connait et est assez proche puisque nous vivons en internat. Ils le savent tous je pense, mais ils sont tous ouverts. Nous sommes trois bisexuelles dans la classe. Je vis donc dans mon cocon avec eux et il n'y a aucune homophobie ou aucun racisme.
Je souhaite un coming-out aussi facile à tout le monde. Surtout ne restez pas cachés, c'est la pire chose que vous pouvez faire je pense.»






